Voyages : Carnet de Bord

Metz
France
2025
Ci-dessus : Emplacement anticipé pour mon Carnet de Voyage
Contexte :
J'ai rencontré Marie lors d'une soirée à Lyon, à l'anniversaire de mon ami et ex-coloc (que vous connaissez, les habitués du blog) ... Nous nous sommes tout de suite entendu, et une amitié s'est forgé à chacune de nos rencontres. Ainsi, je fut invité à son propre anniversaire prêt d'un an plus tard, et à l'issue de cette soirée, elle me proposa de passer la voir à Metz, puisqu'elle allait déménager dans le Nord-Est de la France. Donc, fraichement revenu (et remis) de mon week-end à Bruxelles, je m'y suis rendu ...

Jour 1 :
Sur la route ...
Pour des raisons financières, et afin de profiter pleinement de mes journées à Metz, j'ai voyagé en bus de nuit, en partant de Lyon. Honnêtement, je fut soulagé de ne pas avoir à tout anticiper cette fois-ci ... Tout ce que j'avais à faire, c'tait de m'installer, et de profiter du voyage nocturne. Beaucoup de gens s'y opposent (surtout s'ils voyagent en bus), mais lorsqu'on en prend l'habitude, votre corps et votre esprit s'y adapte parfaitement. Je traîne toujours le souvenir de mon retour de Barcelone, mais depuis 2023, je n'ai plus jamais eu de problème avec Flixbus. Le trajet s'est déroulé sans accroc, si ce n'est un inconfort assez relatif, et un port USB qui ne charge pas, comme partout dans le bus. Mais c'était à prévoir avec cette compagnie ... J'ai passé la majorité de mon temps à lire et écouter de la musique, en admirant les paysages, et le charme du crépuscule donnant sur l'aurore.












Arrivée :
Lorsque je voyage, il y a un moment que j'apprécie particulièrement : celui de l'arrivée matinale. J'aime le calme et la sérénité régnants dans une gare (ferroviaire ou routière) au petit matin. J'ai profité de cette première impression pour explorer les environs, et jauger la ville où je me suis aventuré. J'avais l'impression de flotter dans un aquarium : peu de bruit, quasiment pas de voitures, et beaucoup de végétation ... Ce qui était très agréable après mon passage dans la "Washinton d'Europe" !












Quelques minutes plus tard, Marie fit son apparition, et nous nous mirent en route vers son appartement, pour poser nos affaires. Madame revenait de soirée, et j'avais besoin de me débarbouiller ... Nous traversâmes le centre ville pour arriver dans les rues piétonnes, et mon hôte en profita pour me présenter la ville. Elle ferait un excellent guide touristique ! J'ai donc découvert une ville charmante, à la croisée des influences françaises, belge, et allemande, mais ce n'était là qu'un aperçu, Marie comptais bien m'y montrer quelques trésors !
Première étape de mon tour de Metz : ma super guide m'emmena au Salon Bleu, situé à proximité de chez elle. Une ravissante pâtisserie où j'ai pu gouter un financier à la pistache absolument divin, accompagné d'un chocolat chaud ! Mais si je vous en parle, c'est parce que cette boutique est un excellent moyen de découvrir les multiples spécialités culinaires de la ville. Elles y sont toutes et je ne peux que vous la recommander ! Vous la trouverez facilement grâce à sa façade colorée.
























Il était enfin temps de se lancer dans l'exploration de Metz ! Marie m'a donc conduit vers l'ouest de la ville. Sur le chemin, j'ai croisé mon premier coup de cœur, un authentique vestige de l'antiquité : la colonne de Merten ! Située à l'angle de la place de la république, cette colonne fut retrouvée par un habitant de Merten alors qu'il creusait un puit dans son jardin en 1878. La colonne se compose de 3 parties distinctes : un socle orné de quatre dieux représentant les quatre saisons (Apollon, Junon, Minerve, Hercule), des sculptures figurant les sept jours de la semaine (la Lune pour le lundi, Mars pour le mardi, Mercure pour le mercredi, Jupiter pour le jeudi, Vénus pour le vendredi, Saturne pour le samedi, et le Soleil pour le dimanche), et enfin, au sommet, une représentation de Jupiter assimilé au dieu gaulois Taranis, terrassant l'Anguipède, une créature mi-homme mi-serpent. Source : https://metz.fr/actus/2023/230703_la_colonne_de_merten_est_de_retour.php
Promenade Metziévale
Marie m'emmena ensuite faire un tour aux jardins de l'esplanade, et ses environs, afin de me montrer les vestiges du passé médiéval de la ville (un aspect des villes européennes que j'adore !) ... Ce n'était qu'un avant-goût, car j'allais revenir ici plus tard, afin d'explorer chaque recoins de ce lieu ; photographiant les trésors que j'allais y trouver ... Ces jardins sont repartis en différents espaces (voir la carte), chacun ayant ses particularités.
Nous sommes restés au niveau de la rue, car Marie avait un vrai trésor insolite à me révéler : Entre la Chapelle des Templiers, et l'église Saint-Pierre-aux-Nonnains, se cache Les guerriers de l'éternité ! Des reproductions de véritables membres de l'armée en terre cuite, trésor du patrimoine chinois ! En 1992, la chine avait prêté à la ville de Metz, 8 guerriers et 2 chevaux de cette armée, pour une exposition située à l'arsenal (batiment miliaire voisin, né au second empire, transformé en salle de concert en 1989). La ville a gardé ces 3 statues en souvenir.
























Metz étant l'ancienne capitale de la Lotharingie, la chapelle des templiers en est peut être un vestige. Je n'ai pas pu y entrer, mais comme je vous aime bien, je vous ai dégotté un petit lien pour voir l'intérieur et en apprendre plus sur ce monument :






Ce serait dommage de visiter une ville construite au bord de l'eau sans voir le fleuve qui y passe ... Nous avons donc fait le tour complet du port de plaisance : Un parc aménagé au bord de la Moselle, où se trouve de grands espaces et notamment cette arche orientale, qui a retenu mon attention. D'un souvenir culturel à l'autre, après la chine, c'est le japon qui est valorisé ici. Ce tori est aussi le souvenir d'une exposition passée sur le japon (construite sur place, puis déplacée au point d'eau) dans les années 1980. Elle est souvent utilisée comme perchoir pour les hérons et autres oiseaux du coin ... Traditionnellement, on trouve ces portes à l’entrée des sanctuaires shintoïstes (l’une des plus anciennes religions japonaises mêlant polythéisme et animisme). Elles marquent la séparation symbolique entre le monde physique et le monde spirituel, le profane et le sacré. Pour cette raison, les Japonais ont pour coutume de toujours la traverser dans les deux sens. S’ils ne comptent pas revenir sur leurs pas, nombre d’entre eux la contournent.
















Passé le point d'eau, nous avons remonté la Moselle jusqu'au Temple Neuf, église protestante construite entre 1901 et 1905, véritable symbole de l'annexion (l'Allemagne avait récupéré plusieurs départements, après le conflit franco-prussien de 1870, incluant Metz et Strasbourg dans ses territoires) ... Le temple neuf a failli être détruit pour cette raison dans les années 1910, et parce qu'il contraste avec le reste de la place de la comédie. L'architecture fut utilisée par les autorités allemandes de l'époque, comme vitrine de l’Empire wilhelmien, afin de convaincre les population locales des bienfaits d'un retour aux sources typiquement européen (le genre de pensée qu'on peut facilement retrouver à notre époque !). On retrouve de nouvelles versions de courants classiques médiévaux (Néoroman, Néo-Renaissance, Néogothique) dans plusieurs monuments à Metz, que j'allais croiser durant mon séjour : la poste centrale, la nouvelle gare ferroviaire, le portail de la cathédrale Saint Etienne, le temple de Garnison et le Palais du Gouverneur ...






Au temps des cathédrales
Oui je sais que la chanson de Bruno Pelletier parle de Notre Dame de Paris, mais ouvrez vos chakras ... Celle dont je parle ici est la Cathédrale Saint-Etienne de Metz. dont la tour la plus haute atteint les 90 mètres ! C'est un monument qui en impose, de par sa taille (elle s'extirpe de l'horizon dessiné par les toits environnants) et par sa couleur (Un ocre jaunâtre, presque solaire, dû à la pierre de Jaumont : matière première minérale locale, utilisée pour la construction de nombreux batiment en Mozelle.




















Vous commencez à me connaître, je suis pas un grand adepte de l'art religieux, de base. Mais en tant qu'amoureux de l'art, au sens large, je ne peux pas rester insensible à la beauté des lieux. Quel que soit le culte concerné ! Même en préférant les arts plastiques et ceux liés à la narration (littérature, cinéma, théâtre, peinture, etc) ... Je ne peux qu'admirer la majesté de cet édifice, qui disons le, a tout pour me plaire ! Un pure architecture gothique aux nuances sombres (ombres et lumière, c'est l'introspection, on aime), de superbes vitraux aux couleurs éclatantes, et de nombreux trésors historiques ! Je vous laisse quelques petits liens pour en savoir plus à la fin de ce paragraphe. C'est aussi dans cette cathédrale que j'ai rencontré le véritable symbole de Metz, celui qui met tous le monde d'accord : Le Graoully ! Une créature folklorique qui incarne toute l'imagerie de la ville, et que j'aurais le plaisir de présenter plus bas sur cette page.
https://metz.fr/lieux/lieu-42.php
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-%C3%89tienne_de_Metz
Une muse au musée
Sur un coup de tête, nous sommes entré au musée de la cour d'or ... qui a lui seul, contient la grande majorité des trésors historiques de cette ville ! Mais pas seulement ... J'apprends, en écrivant ces lignes, qu'un nouvel espace dédié à la biodiversité y a été ouvert quelques mois après mon passage (mais qu'importe, j'ai rattrapé cela lors de mon passage à Clermont-Ferrand). Ce musée est donc réparti en différentes parties, que l'on traverse dans le sens de la visite, passant ainsi de la zone antique, puis médiévale, avant d'arriver à l'exposition permanente dédiée aux beaux-arts. Sur les 2 dernières photos de la galerie ci-dessus, vous aurez un premier aperçu du Graoully que j'ai déjà mentionné.
Plan du musée :








































Pour plus de détails, je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous, qui vous conduira au site officiel du musée !
Personnellement, j'aime beaucoup la manière dont Metz valorise son patrimoine (autour de l'image du Graoully, mais pas seulement) Cette ville valorise son passé, car elle a pleinement conscience de l'importance de sa culture, et si je le précise, c'est parce que ce parti pris est loin d'être répandu en France. Ce qui est vraiment dommage, parce que ce pays possède un bagage culturel très varié, qui a tendance à tomber dans l'oubli petit à petit. Ce n'est pas un jugement arrêté ou un constat figé, je ne fait que constater cet état de fait un peu partout. La connaissance de l'histoire passe donc aussi par celle de notre folklore.
https://musee.eurometropolemetz.eu/fr/oeuvres-a-decouvrir.html






Spot inattendu : Le musée de la cour d'or contient une salle dédiée à l'histoire et la mémoire de la communauté juive ! Deux éléments y ont retenu mon attention, mais ce n'est qu'un bref aperçu que ce que contient cette pièce ... En tant qu'athée, je n'ai pas vraiment de jugement sur la véracité des saintes écritures, mais la présence d'un morceau de la torah restait impactante, et je suis resté un moment devant ce parchemin; à admirer le détail du texte qui y est inscrit. Plus proche de ma culture, ce tableau peint par Jan Mandijn (enfin, sa copie), dans le style de Jérôme Botch a eu toute mon attention, parce que j'adore le travail de Botch ! Si vous ne le connaissez pas, foncez vite découvrir ses toiles !












Changement de décor : Nous sommes passés aux beaux-arts, et parmi la multitude de merveilles que j'ai vu, j'ai eu le plaisir de retrouver de nombreux peintres dont j'admire le travail : Jean-Baptiste Oudry, Gustave Moreau, Eugène Delacroix, etc ...
Ainsi que de nombreux portraits (véritable institution artistique à Metz) signés Auguste Migette, Laurent-Charles Maréchal, Hyacinthe Rigaud, Jean-Marc Nattier, et Jean-Baptiste Greuze, entre autres ...
Vous trouverez plus de détail via ce lien :
https://www.lunetoile.com/2024/04/06/musee-de-la-cour-dor-metz-57/








Nous sommes probablement arrivés à une expo temporaire, parce que je ne vois pas où cela pourrait s'intégrer dans le parcours du musée. La dernière partie de notre visite s'est faite dans un espace dédié au sport ! Ah ça, autant la religion peut susciter un intérêt chez moi (sur le plan artistique, culturel, et fictionnel), autant le sport et moi, ça a toujours fait deux ! Je n'ai jamais aimé ça et c'est une culture dont je me fiche éperdument. Marie s'y intéressais, donc j'ai pris mon mal en patience ... Et enfin, notre visite s'est terminée.






On y es enfin ! Mesdames et Messieurs, le Graoully ...
Comme dit plus haut, ce dragon est un véritable symbole de la ville ! Et nous l'avons croisé à de multiples reprises, voici donc mes représentation préférées de cette créature. D'après la légende, cet animal fantastique aurait dévasté la ville avant d'être chassé par l'évêque Saint-Clément de Metz (au 3ème siècle), avant d'habiter l'arène de l'amphithéâtre local. Au 19ème siècle, une procession avait lieu tous les ans, où une effigie de la créature était fouettée par les enfants (Source Wikipedia). Nous sommes donc sur une bonne vieille légende médiévale manichéenne, où le dragon représente la religion païenne, que la chrétienté a chassé. Aujourd'hui, la créature s'est affranchi, dans l'esprit collectif, de connotation religieuse, et sert de mascotte pour les enfants.
Quand le Graoully passe ...
... Les Chrétiens repassent
Bon passons sur cette rime pas exceptionnelle ... Pour notre dernière étape du tour de Metz, avec La Porte des Allemands. Et non, cela n'a rien à voir avec un conflit avec nos voisins germaniques cette fois. Ce monument porte le nom de la rue adjacente où, en 1229, les chevaliers Teutoniques, ou Frères Hospitaliers de Notre-Dame des Allemands, obtiennent l'autorisation de construire un hospice (donc pour rappel : un lieu où les religieux accueillaient des vieillards, les malades, les pèlerins, les voyageurs, les orphelins, les aliénés, les infirmes, les marginaux, bref, tout ceux que la société occidentale de l'époque n'acceptaient plus). Aujourd'hui, ce monument est le seul vestige encore debout des portes médiévales de la ville.
Et hop, un petit lien avec toutes les infos :




Notre grande promenade terminée ... Nous sommes rentrés nous reposer chez Marie, où j'ai eu le plaisir de photographier et dessiner Mimine, la star de ce voyage ... et oui, ce chat est boule d'amour, une peluche hyper câline, qui m'a tenu compagnie durant la nuit.
Avant cela, Nous avons passé la soirée dans un bar dont le nom m'échappe, mais qui ressemblais beaucoup au Berthom (une chaine originaire de Nancy, et dont l'établissement de Metz est le deuxième d'une longue liste. Actuellement, il y a des Berthom dans toutes les grandes villes de France (dont 2 à Lyon)) ... Marie si tu passes par là, je veux bien le nom du bar stp.
Ce bar en question possède une ambiance tout à fait sympathique, avec beaucoup d'éléments en bois, des décors et accessoires récupérés à droite à gauche, et un mood un peu veille France digne d'un film de Jean-pierre Jeunet (avec peut-être un côté moins lumineux). Nous avons mangé sur place, et passé un moment à refaire le monde, entre deux parties de jeux. Posés à l'étage nous étions tellement bien installés, dans le canapé moelleux (la meilleure place clairement) ; que seul la fatigue a pu nous sortir de notre petit coin. Il n'y avait pas de jeux de société dans ce bar, nous avons donc repris le concept d'un jeu vidéo point and click, dans un décor réel. La salle étend riche en trésors et objets insolites cachés ...

Jour 2 :




Un brunch impérial !
Passé une bonne nuit de sommeil, Marie m'a embarqué à travers le quartier impérial, qu'on avait déjà traversé le matin de mon arrivée, pour rejoindre un bon spot de sa connaissance. Nous avons donc longés rues bordées d'immeubles anciens, non loin des jardins de l'esplanade. Avant de se remplir la pense, nous sommes passés par la porte Serpenoise. Une arche qui a connu bien des évènements historiques locaux, comme, en autre la libération de la ville par les soldats des forces alliés, à la fin de la deuxième guerre mondiale. Je vous laisse un lien pour plus d'informations : https://fr.wikipedia.org/wiki/Porte_Serpenoise












Notre route nous a conduit jusqu'au Hôtel des Arts et Métiers de Metz (ou La maison des Corporations), qui illustre parfaitement la germanisation architecturale dont je parlais plus haut sur ce blog. Nous étions arrivé à notre premier lieu clé du jour, un coffee shop qui est immédiatement mon spot préféré de toute la ville ! Je n'ai rien de bien particulier à dire sur cet édifice, si ce n'est qu'il est assez beau avec ses murs en grès rosé ... Comme d'habitude, toutes les infos sont dans le lien ci-dessous :
https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_des_Arts_et_M%C3%A9tiers_de_Metz








Maitre renard, par l'odeur alléchée ...
Le fox coffee shop était certes magnifique entre ses murs, mais puisque nous avions la chance d'avoir le soleil avec nous, Marie et moi nous sommes installés en terrasse. Je ne vous ferais pas le détail de ce qu'on y a consommé, mais dites-vous qu'ici, on mange bien, local, et à bon prix ... Je recommande à 100% ! Tellement que j'y suis retourné le lendemain.




































Jusque dans les toilettes, la décoration style aesthetic vieille France était présente.
Cet endroit avait vraiment tout pour me plaire ...








Une fois notre brunch terminé, nous avons entamé une longue marche à travers le sud du quartier impérial, traversant au passage plusieurs rues aux allures de décor de cinéma anglais : immeubles victoriens aux briques apparentes façon quartiers industriels, ou allées de petites maisons bourgeoises bien rangées, genre comédie romantiques ... Quand nous avons atteint le bord de la Moselle, nous sommes brièvement sorti de Metz pour rejoindre notre prochain spot.








A peine mon deuxième jour entamé, qu'en voyant les péniches sur l'autre rive, je rêvais déjà d'aventure, voguant sur les fleuves du monde entier. Nous avons parlé voyage jusqu'à notre arrivé au parc, où se trouvait le Jardin Botanique. J'ai évidement été immédiatement attiré par les oiseaux peints sur les murs, mais pour amateur de botanique, ce parc est une vraie merveille. Il contient plus de 100 variétés d'arbres, dont certains rares, comme un séquoia géant de 40 mètres et âgé de 140 ans, un muscadier de Californie, un liquidambar (ou Copalme d’Amérique), un cyprès chauve, un arbre au caramel ou encore des bananiers et des palmiers plantés en pleine terre. Le jardin dispose également d'une roseraie, au tracé régulier et géométrique, et qui contient 80 variétés de rosiers, des vivaces et des plantes grimpantes comme le jasmin d'hiver ou le kiwi ornemental
(Source : https://metz.fr/lieux/lieu-27.php).
Jadis, des tortues d'eau nageaient dans la mare, mais elles ont été déplacées entre-temps.




























Après un petit bain de soleil, Marie m'a entrainé vers les serres, en sachant que j'adorais visiter ce genre de structure. Hélas, celles-ci étaient fermées, mais nous avons tout de même pu y jeter un rapide coup d'œil par la baie vitrée. Cela nous a aussi permit de faire quelques photos artistiques et même d'apercevoir quelques oiseaux, comme des sublimes petits diamants mandarins. Nombreuses tentatives furent exécutées pour réussir à les photographier correctement. De même pour les divers insectes croisés.
















Les serres du mandarin
En revenant sur nos pas, nous sommes repassés devant le temple neuf. Mais après avoir croisé nombre d'œuvres de street art. Vous le savez, si vous suivez attentivement ce blog, que j'adore le street art, que je ne perd jamais une occasion de documenter les œuvres sur mon chemin. Les mandarins étaient à l'honneur, mais j'aime beaucoup aussi cette petite fresque steampunk poétique.












Puisque nous repassions par la Cathédrale Saint-Etienne, j'en ai profité pour reprendre quelques clichés, y compris pendant que Marie serait de photographe pour un groupe de touristes. J'ai aussi remarqué quelques petits détails insolites ici et là, lorsque nous passions par les rues piétonnes pleines de commerces, et donc de consommateurs / consommatrices.








Centre Pompom Pidou
J'espères que vous êtes prêts pour le gros morceau de la journée, parce que là, j'en ai de la matière ! Le Centre Pompidou a occupé le reste de notre après-midi. Je l'avais remarqué dès mon arrivée à Metz (puisqu'il se trouve juste à côté de la gare routière) et j'avais convaincu Marie d'y passer. Ce n'est pas souvent que je le fait, mais cette ouverture sur l'art contemporain m'a réellement ouvert l'esprit à d'autres formes d'expressions artistiques. Le contenu du centre est à l'opposé de ce que je consomme habituellement dans les musées, et j'avoue que, lorsqu'il est travaillé et qu'il est utilisé comme un véritable support de pure création ... L'art contemporain parvient à me toucher et m'inspirer. Voyons cela ...












Notre visite a commencé avec cette salle aux murs personnalisables. Des craies étaient laissées en évidence, pour quiconque voulait laisser un message sur l'ardoise nous entourant. J'y ai évidement laissé une illustration, avant de poursuivre vers le premier étage, ce qui m'a offert un aperçu de l'installation du hall en plongée, depuis la paroi de l'ascenseur. Nous permettant ainsi à moi et mon amie, d'observer en détail la structure en bois composant le toit du musée, inspiré (de l'aveu de l'architecte Shigeru Ban) par un chapeau chinois traditionnel.
















Soyons honnêtes. Si je vous dit art contemporain, il y a de de grandes chances que vous me regardiez bizarrement ... Car nous pensons tous et toutes (les non-initiés je veux dire) à des œuvres abstraites, minimaliste, et souvent hors de portée. Je ne vous mentirais pas, ce genre d'œuvres existe, mais elles sont minoritaires si on prend en compte l'histoire de l'art. Voyez, plutot, comment des artistes peuvent partager leurs émotions et leur vision du monde à travers un art qui s'oppose aux codes classiques préétablis. J'aime particulièrement cette toile brodée avec des perles, signée Mirlande Constant, qui utilise le vaudou comme vecteur de messages politiques, sociaux, et humanistes.












On peut aimer ou non, mais pour moi, l'une des œuvres les plus parlantes de ce musée, est cette série de tableaux noirs et blancs réalisés par Belkis Ayon, une graveuse et lithographe cubaine, qui a basé ses oeuvres sur les Abakua, une société secrète afro-cubaine entièrement masculine. Ses collagraphies (gravure utilisant également le collage) sont donc porteuses de sens, et très riches en symbolique. Si je n'en saisis pas tous le propos, elles m'ont pourtant impacté, au plus profond de mon âme. La mort de Ayon est entourée de mystère, et la manière dont elle a dépeint les masculinistes dans son art laisse planer un doute sur la cause de sa disparition. Source : https://le-gospel.fr/belkis-ayon-lartiste-cubaine-qui-a-defie-le-diable-et-les-masculinistes/








Ah ben tiens, en parlant d'œuvres incontournables ... Comment ignorer cette immense fresque ? Inspirée des recherches théoriques d'Aimé Césaire, dans son discours sur le colonialisme, Olivier Marboeuf l'a réalisé directement sur place, en peignant le mur à l'acrylique, avant d'y faire les ajouts en blanc. Il a représenté un nouveau monde, basé sur les préceptes et dérives totalitaires du nazisme, comme une île en déplacement vers l'Europe (d'après la légende, sur le panneau explicatif). Personnellement, je n'y voyait pas du tout la même symbolique, mais ce qui est sûr, c'est que cette fresque contient un fort caractère politique.
















Attiré par l'esthétique très "Carnet de voyage" des aquarelles de Laeïla Adjovi, j'étais loin de me douter qu'elles parlaient en réalité du commerce triangulaire ! Il y a un contraste très marqué entre le charme de ces couleurs, et la noirceur du sujet qu'elle représente, et c'est précisément ce décalage, qui en fait des œuvres encore plus efficaces dans leur propos ! Et que dire des travaux de Rosana Paulino ? Une autre artiste cubaine dont j'ignorais l'existence ... et qui elle, s'attaque au sujet encore polémique de la colonisation. Ce design de la femme végétale m'évoque une fusion entre l'étude scientifique (soi-disant) des ethnies humaines, et les calligrammes de livres de poésie. Encore aujourd'hui, cette œuvre m'interroge, je ne la comprend pas vraiment.








Vous voulez un peu d'art contemporain avec votre art contemporain ? Bon à ce stade vous aurez compris que chaque œuvre exposée ici contient un sous texte riche en symbolisme et en portée politique ... Je serais bien incapable de vous parler de tout ce qu'on a trouvé sur place, mais j'espère vous avoir ouvert à ce sujet si vous y étiez réfractaire. N'étant pas moi même un expert, je ne peux que rester en surface lorsque j'aborde ce domaine, mais je vous encourage à faire vos recherches. L'art contemporain est si vaste, qu'il est impossible pour vous de ne pas y trouver votre bonheur ...
Pour finir avec cette exposition, je vous ai retrouvé un communiqué de presse proposant un début d'analyse thématique. Tout ce qui se trouve à cet étage fait donc partie de la première grosse expo de 2025 : ""Après la fin. Carte pour un autre avenir" qui rassemble les œuvres de 40 artistes internationaux. Un voyage engagé entre les continents". "Les œuvres présentées nouent un dialogue entre traditions populaires, modernité et spiritualité. Réalisées par des artistes issus des diasporas, elles cherchent à se libérer des récits coloniaux pour imaginer des futurs plus inclusifs. Le parcours, conçu de manière non linéaire, casse les codes traditionnels. Le spectateur est invité à choisir librement de se diriger à droite ou à gauche, pour déambuler dans un parcours en boucle, sans direction thématique ni chronologique." Le ton est donné, et je ne peut qu'aprouver.
Source :
https://tout-metz.com/centre-pompidou-metz-vous-invite-voyage-engage-entre-continents-2025-456864








Hé attendez ! On a pas fini avec le centre Pompidou ... Une fois le tour du premier étage terminé, direction l'étage supérieur pour la suite de l'exposition ... Dans ce qui est ma salle préférée ! J'adore les expositions immersives, quand il n'y a presque aucune séparation entre l'œuvre et le public. Jusque là, nous étions face à des œuvres exposées, ici, nous y entrons ! Nous faisons partie du décor, et donc de cet espace de création (et de destruction, vu l'état de certains éléments).
J'apprend en écrivant ce texte, qu'il s'agit d'une installation mise au point par Cerith Wyn Evans, un artiste conceptuel, sculpteur et cinéaste gallois. Jouant ici avec les miroirs, les néons, et les matières transparentes (verre, plastique, etc), pour créer un paysage géométrique et infini, Evans n'impose aucune signification à son oeuvre, préférant laisser les spectateurs libre de faire leur propre interprétation, assumant le minimalisme dans la forme, et le mystère dans le fond. J'ai bien sûr, ma propre lecture de cette mise en espace, mais je vous laisse en faire de même. En attendant, tout cet art m'a inspiré pour prendre quelques photos conceptuelles ...
Miroir, mon beau miroir ...
















Enfin, après cette envolée artistique, nous sommes redescendu sur terre en douceur, via l'ascenseur. Avant de passer à la boutique souvenir, que j'ai dévalisé (il y avait trop de contenu pour que je l'ignore), nous avons traversé le grand hall où se trouvait une autre installation. Elle n'aurait pas eu mon attention sans les plantes, et son squelette en plastique suspendu. Je crois que cette mise en scène conceptuelle et éphémère est également l'œuvre d'Evans.








Le Raton Buveur
Pour terminer en beauté, nous avons fini notre journée au Racoon, une autre bonne adresse de Metz, proche des jardins de l'esplanade. Un bar à ambiance, avec un décor très typé. On se croirait dans un repaire de bikers, jusque dans les moindre détails. Il ne manquait plus qu'un éclairage adéquat, puisqu'il était encore tôt. Mais cela nous convenait, nous étions épuisés ! Nos batteries sociales vidées, nous avons passé la soirée à dessiner dans mon mini carnet, en inventant des noms de groupes musicaux.

















Retour :
À la claire fontaine ...
Pour mes dernières heures à Metz, le lendemain matin, j'ai laissé Marie travailler chez elle, tandis que chargé de souvenirs, et de vêtements sales emballés dans mon sac à dos, je suis revenu sur les lieux cités plus haut, pour faire les photos manquantes. Le temps était gris, mais cela n'allait pas m'arrêter (normal pour un lyonnais).












Lors de mon premier passage aux jardins de l'esplanade, j'avais repéré ces curieuses figures sculptées dans la pierre. Mais je n'avais pas voulu en savoir plus ... Je les ai donc toutes cherché à travers les jardins. Ce qui me conduisit à une fontaine éteinte en contrebas, où d'étranges créatures mi gargouilles, mi grenouilles, m'attendaient dans leurs tanière aquatique minérale. Cette zone s'appelle les Fontaines des Grottes pour cette raison ; elle est fortement marquée par les conflits avec l'Allemagne.
Plus de détail sur ce lien :
https://www.fontainesdefrance.info/fontaines/les-fontaines-des-grottes/
















En voyant une autre fontaine sur le plan du parc, j'ai suivi la route qui longe elle même la Moselle, pour arriver au point le plus bas des jardins. Il n'y avait pas de créature aquatique ici, mais en remontant au jardin Boufflers, j'ai croisé plusieurs animaux insolites dans la pierre, ainsi qu'une statue de Lafayette (parti de Metz, pour aller combattre sur le sol américain), signée Claude Goutin (avec l'aide de son fils et assistant Vincent Goutin). Cet espace était cosy, mais trop peu aménagé pour la végétation à mon goût, comme la plupart des jardins "à la française" (appellation dû au style de paysagisme des jardins de Versailles).




J'en ai profité pour traverser la route et vous faire une photo du plan du jardin des Régates, où se trouve le Port de Plaisance ; avant de remonter jusqu'aux jardins Marsha P. Johnson et Sylvia Rivera. Deux femmes activistes, et personnalités historiques pour la cause LGBTQ+, qui ont été des figures importantes lors des émeutes de Stonewall (C'est cet évènement historique que célèbre la Gay Pride ! Oui oui, la marche des fierté est une commémoration des émeutes du 28 juin 1969, à New York. Je vous conseille le film "Stonewall" (2015) de Roland Emmerich, qui en est une bonne retranscription). Comment et pourquoi cet espace a été baptisé ainsi ? Je l'ignore, mais je valide ce choix. Le lien entre ces jardins et les Etats-Unis est peut-être la suite logique, de la lutte pour la liberté et l'indépendance américaine représentée par Lafayette... S'il y a des historiens parmi vous, n'hésitez pas à m'abreuver de votre science !




Ma faim s'était elle aussi manifestée ! Donc, j'ai remonté l'avenue Robert Schuman, jusqu'à la Porte Serpenoise, croisant au passage une sculpture assez bizarre. Mes recherches m'ont permis de l'identifier : Il s'agit du "Gardien du seuil" de Paul Flickinger, un hommage aux combattants français de la première guerre mondiale, inauguré en 2017 durant le centenaire de cette tragédie historique. Je l'admet, sans cette information, mon opinion sur cette sculpture n'aurait pas été très flatteuse. Mais retenons le nom de l'artiste à l'origine de sa création, cela fera (avec George Brack) un autre cubiste qu'on pourra citer à la place de cette ordure de Picasso. Après cela, je suis repassé au Fox Coffee Shop, pour déguster une pâtisserie.




Gare du Nord ...
Il était temps de revenir dans le sud. Avec Marie, nous étions déjà passé par la gare lors de nos déplacements, donc je savais qu'elle était accessible à pied. En attendant mon train, je me suis amusé à photographier ces personnages qui trône fièrement devant l'horloge, histoire d'être bien visible par tous et toutes. Alors que je rédige ce texte, j'apprend qu'il s'agit d'un hommage à Jean Moulin, par l'artiste et sculpteur allemand Stephan Balkenhol. Autant, l'ironie qu'un allemand rende hommage à cet homme célèbre me donne le sourire, mais la vue actuelle de son œuvre (recouverte de fientes de pigeons), beaucoup moins. Enfin, inutile d'en vouloir aux oiseaux, qui ont bien le droit à un perchoir dans cette jungle urbaine. Retenons, qu'encore une fois, le passé marque le présent à Metz, puisque c'est dans cette gare que Jean Moulin a trouvé la mort, suite à sa torture par la gestapo.












Enfin, me revoilà sur les rails, prêt à poursuivre ma route, lors de nouveaux voyages calmes et lents. En cette année 2025, où j'ai beaucoup bougé en France, me refamiliarisant avec mon pays, j'ai toujours repensé à mon treck au Maroc, qui a bouleversé mon style de voyage. Si j'en parle ici, c'est parce que, même si je suis amoureux de l'exotisme, de temps en temps, un petit week-end en Europe permet de revoir ma consommation du voyage. Si j'étais venu quelques années plus tôt, j'aurais probablement passé mon temps à courir dans tous les sens, pour tout faire et tout voir ! Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Cet état d'esprit m'a permis de m'ouvrir à l'art contemporain, de profiter de l'ambiance de la ville, de passer du bon temps avec mon amie, et de découvrir plein de choses sur la culture locale. Ce serait hypocrite de privilégier la culture à l'étranger, à la culture de mon pays natal (les 2 étant égales en importance). Même si je ne suis pas toujours en accord avec celui-ci, comme beaucoup de gens.










De la fiction à la science ...
Je repensais donc, comme d'habitude, aux derniers jours lors de mon trajet retour, tout en lisant un roman de Science-fiction (acheté au Centre Pompidou), tandis que les travailleurs autour de moi se concentraient sur leur ordinateurs. Un livre que, paradoxalement, je ne recommande pas. Il n'est pas mauvais, ou problématique, mais affreusement dépassé, ce qui est dommage pour un livre d'anticipation. Je m'y suis plongé, parce qu'il décrit un monde positif, centré sur l'écologie et l'humanisme, qui sont mes 2 valeurs étendards. Hélas, s'il a eu son importance dans les années 1970, pour son approche avant-garde du futur, l'aspect SF s'est presque entièrement perdu dans l'actualité des années 2020 en Europe. Tout ce qui appartenait à cette fiction Solarpunk des années 1970, est une réalité dans l'Europe de 2025. C'est faible comme parti-pris, surtout lorsqu'on connait l'état de l'écologie actuellement. Dans la forme, le roman a une approche naturaliste, et passe la majorité des pages à nous présenter une société, certe auto-suffisante et viable économiquement, mais trop peu explorée, et à nous prouver à quel point son protagoniste est idiot.








Je repars avec une bonne impression, mais il faut bien l'avouer. Metz n'est pas la destination la plus palpitante, surtout comparé à mon treck au Maroc. Cependant, ce petit week-end chill fut très agréable, et si je ne ressens pas une aussi grande connexion avec cette zone de l'Europe, je reste satisfait de mon voyage, pour toutes les raisons expliquées plus haut. Parfois, il vaut mieux consacrer un peu de temps à ses proches, que de voyager pour gagner des vues sur les réseaux. En ce sens, mon séjour à Metz m'a permis de m'ouvrir un peu plus à la culture locale, et j'en repars donc enrichi de connaissances. J'avais besoin de faire cette pause, et de m'éloigner un peu de la capitale des gones, qui a parfois une mauvaise influence sur moi. Pour ma santé et mon bien être, j'ai parfois besoin d'en partir, pour me reposer et revenir plus fort. C'est chose faite à présent ... jusqu'à la prochaine fois.
Bilan